Et c’est reparti pour un tour ! Les ingrédients sont presque les mêmes. Mais cette fois-ci, nettement plus nombreux !
Un groupe conséquent, d’une vingtaine de personnes répartis en pilotes motos et chauffeurs/passagers de 4×4.
A ce jour, déjà 10 pilotes moto et 10 participants en 4×4 inscrits pour ce nouveau projet de Zone Voyages.
Une réunion rassemblant la quasi totalité du groupe s’est déroulée chez Marie-Laure et Nicolas, durant laquelle nous avons exposé tous les points qui devaient aider chacun à se décider ou non à s’inscrire à ce voyage. Apparemment, j’ai trouvé les mots qu’il fallait…
Le trajet change également puisque cette fois, nous allons traverser le Maroc d’abord d’Ouest en Est, puis de sud/est en nord/ouest. Je m’explique : Nous avons installé notre base à Asilah, petite ville tranquille située à 45 km au sud de Tanger, en bordure de l’Atlantique. Je connais l’hôtel Al Khaïma puisque c’est là que je m’ arrête d’habitude lors de la descente vers notre autre base d’Aït-Ourir (Marrakech). Il est très correct, équipé d’une piscine et le personnel y est charmant. Ma grande remorque y restera en toute sécurité le temps du raid proprement dit.
Départ donc d’Asilah, cap sur Chefchaouen (Chaouen pour les intimes) avec la traversée du massif du Rif, puis descente en diagonale vers Taounate – Immouzer des Marmouchas dans l’Atlas, Oulad el Hadj – Tendrara – Iche – Figuig, superbe petite palmeraie située à l’ extrême sud/est du Maroc, à la frontière algérienne. Puis nous repartons plein ouest vers Mengoub et jusqu’à Bouânane où nous remontons plein nord son oued du même nom vers Beni Tadjit et Gourrama. Ensuite, toujours cap au nord/ouest, Midelt – Aïn Leuh, au milieu de la forêt des Cèdres - Azrou, les stations de ski (eh oui il y en a au Maroc !) - El Hajeb – Moulay Idriss, la mystérieuse ville sainte - Volubilis l’incroyable cité romaine, puis Ouazanne et retour à Asilah. Un parcours d’un peu plus de 2.000 km en neuf jours, alliant une incroyable diversité de paysages qui vont de la plaine agricole aux forêts de chênes verts, traversant d’immenses plantations d’oliviers, longeant de gigantesques barrages, utilisant de la piste de montagne, du désert aride, du reg, de l’erg, des oueds cailouteux à souhaits, empruntant parfois de petites routes à peine goudronnées pour une liaison entre deux pistes. Bref, il y en aura pour tous les goûts ! Les régions traversées sont pour la plupart beaucoup moins touristiques, pour ne pas dire pas touristiques du tout. C’est l’une des raisons de ce choix. Lors de notre voyage moto, complètement autonome, en janvier 2008 avec Jack, nous avions été très étonnés du peu « d’agressivité » des autochtones. Dans les régions très fréquentées par les multiples organisations touristiques, on n’ose à peine s’arrêter, de peur se voir presque rackéter un « stylo, bonbon, tricot ou carrément dirham » ! Chaque local qui s’approche est susceptible de vous emmener boire un thé et alors là, c’est presque chaque fois la même chose, le célèbre piège à touristes : Justement, il a un frère qui possède une petite fabrique de tapis ou de céramique ou que sais-je encore, et qu’il vous propose de visiter… Je ne vous raconte pas la suite, vous la connaissez… « Soyez les bienvenus », re-belotte pour un thé, puis « je vous montre juste pour le paisir des yeux » et aussi « c’est gratuit jusqu’à la caisse » ou encore « on accepte les cartes en plastiques mais pas les chèques en bois »… Dans les régions que nous traverserons cette fois-ci, les gens sont beaucoup plus réservés, presques timides, même s’ils restent curieux. N’oublions jamais de garder cette retenue vis-à-vis d’eux, nous qui débarquons dans leur pays avec des centaines de milliers d’Euros de matériel face à leurs royaux 150 Euros de salaire mensuel ! Comme le dit Jacques Gandini dans ses merveilleux guides sur le Maroc, « Je laisse à celui qui vient, le monde tel que je l’ai trouvé… » Ou bien encore en parlant de la piste remontant l’oued Bouânane: « Si vous ne devez faire qu’un parcours dans le Sud Oriental, c’est celui-ci que nous vous recommandons »…. » Ce ne sont pas tout à fait les Gorges du Todgha, mais là au moins, il n’y a pas des colones de Land-Rover ou de cars déversant leurs touristes en short rose… »
Autre variante, la quasi totalité des nuits se passera en bivouac. Je n’ai prévu que trois nuits d’hôtel. La première, celle de l’arrivée des participants à Asilah la veille du début du raid, une seconde à peu près à mi-pracours à Figuig, question que le groupe reprenne des forces pour attaquer la remontée et la dernière à nouveau à Asilah le dernier jour du raid, la veille de leur retour en Belgique. L’un des intérêts du bivouac est de ne pas devoir imposer de « pression » au groupe pour arriver absolument à un hôtel qui a été réservé et payé à l’avance, et donc de finir les étapes de nuit. Dans le noir, et la fatigue de la journée aidant, on multiplie les risques par trois ou quatre. Ceux qui connaissent la piste et les pays du Magreb savent combien les surprises peuvent être nombreuses en tout-terain, et avec quelle rapidité le soleil se couche ! Avec en plus un nombre conséquent de véhicules et de participants, la formule du bivouac permet une bien plus grande souplesse et flexibilité. Si l’on a pas pu effectuer la totalité de l’étape du jour, lorsque les premiers signes de la tombée de la nuit se font ressentir, on recherche un bon endroit et on installe le campement pour la nuit. Le lendemain, on partira un « chouillat » plus tôt, on roulera un peu plus ou on prendra un raccourci pour ratrapper le retard de la veille.
Un groupe composé d’une dizaine de conducteurs/passagers se répartiront sur 4 véhicules. Mon bon vieux Toyota Land-Cruiser qui porte magnifiquement ses 11 ans et ses … 410.000 bornes sera le véhicule d’assistance. Il sera conduit par notre Jack accompagné de ma merveilleuse Marie-Laure. Les autres 4×4 seront des véhicules de location de type Toyota, Mitsubishi ou Nissan châssis longs et équipés de galeries. Nos ami(e)s se les partageront. De dix à douze motos seront de la partie. Des KTM (950 – 450 – 425), des Honda (XR 400 – NX 250), une Suzuki (DRZ 400 E), une BMW (650 Dakar).
Déjà lors des derniers voyages, je me devais de constater que, le matin comme le soir, gérer les différents postes d’un voyages, la mécanique, la cartographie, les bobos, l’installation du bivouac, les négociations avec le local auquel on avait piqué du bois de charpente pour faire un feu de camp (Merci Mich et Éric !), les petits problèmes de chacun et en plus la bouffe, c’était très compliqué et… un rien stressant aussi. Etant donné l’importance du groupe de cette année, nous avons décidé d’engager un cuisinier local, que nous connaissions pour avoir déjà eu à faire avec lui, Nordin. Cela facilitera grandement la tâche de chacun, et la mienne particulièrement. Et en plus les repas n’en seront que meilleurs.
Le dimanche 7 octobre, Jack et moi quitterons Braine-l’Alleud avec la jeep et la remorque chargés la veille, pour une première étape jusqu’à Bordeaux, hôtel Campanille, mon outil de voyage en France. La seconde étape nous conduira à Valdepeñas, 150 km au sud de Madrid, dans hôtel que j’utlise également depuis longtemps. Et la dernière étape nous mènera jusqu’à Tarifa, 50 km à l’ouest d’Algéciras, où j’apprécie beaucoup de prendre le bateau. Cette petite cité balnéaire espagnole est très loin de l’agitation monstrueuse de l’énorme port d’Algéciras. Après une heure de traversée, nous débarquerons à Tanger, où nous passerons les célèbres formalités douanières que Jack apprécie tant… Hein Jack ?? Puis nous descendrons les 45 derniers kilomètres qui nous séparent de notre hôtel de base à Asilah. Le mercredi 10 sera consacré au déchargement de toutes les motos, du matériel, au stockage de la remorque, à l’achat des victuailles pour le raid. Nordin, le cuisinier arrivera avec les trois 4×4 de location, conduits par des chauffeurs qui repartiront en bus, après nous avoir confié les véhicules. Le jeudi 11, nos participants prendront l’avion et nous rejoindront à l’aéroport de Tanger où nous les attendrons pour les conduire à l’hôtel. Ils s’installeront et le restant de la journée sera consacré à la préparation du matériel de chacun, des motos, à la répartition du matériel dans les 4×4 etc. Le soir, un briefing reprendra tous les points importants du raid qui démarera le lendemain à 7h00… Après ? Dodo puis … Inch Allah…
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